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dimanche 19 juin 2016
Je me suis mis à lire Fluide Glacial voilà quelques mois, depuis le coup de gueule de Filippini très exactement, où celui-ci réclamait "qu'on lui rende son Fluide". Je me suis dit alors que Fluide était peut-être enfin devenu intéressant.
J'ai jamais été très Fluide. J'ai un peu lu ado mais j'étais alors plutôt accroché par les revues Humano (Métal, Métal Aventure, Rigolo). Edika, ça m'a bien fait rire 5 minutes mais ça m'a vite lassé. Et je ne parle même pas des autres piliers historiques du journal. Je n'ai jamais aimé Lelong, ni Maëster, Même Gotlib m'a toujours laissé de marbre, et je ne parle même pas de Coyotte ou Moerell qui sont arrivés plus tard. Seuls peut-être Binet et Foerster trouvaient grâce à mes yeux.
Il y a quelques années, j'avais trouvé un numéro dans une poubelle pendant le festival d'Angoulême. Mis à part Riad Sattouf et son Pascal Brutal, je l'avais trouvé tout bonnement illisible.
Donc, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir des pages de JC Menu dans le nouveau Fluide de Lindingre, des pages autobiographiques en plus, qui constituent sûrement le meilleur de son travail. A côté, Berbérian, celles d'anciens de Ferraille et de Jade, plus d'autres noms déjà croisés dans des festivals. Tout cela donne un amalgame plutôt sympa, pas révolutionnaire certes, mais suffisamment loin de l'humour à la papa développé dans ces mêmes pages quelques années auparavant.
Bon, y'a quand même encore un peu des merdes dedans, mais heureusement, sinon, ça ne serait plus Fluide Glacial.
En tous cas, je l'achète régulièrement, pas tous les mois, faut pas exagérer non plus. Donc, de grâce, ne rendez rien à Henri !
dimanche 14 juin 2015
Les Dos Carrés
Il y a deux sortes de dos carrés, ou plutôt, deux manières d'y écrire le titre du livre, le nom de l'auteur et l'éditeur.
Soit du bas vers le haut, soit du haut vers le bas. Si vous lisez du bas vers le haut, la première chose que vous verrez en général est le nom de l'éditeur, puis le titre du livre et enfin le nom de l'auteur.
L'ordre s'inverse si vous lisez du haut vers le bas, forcément.
Intéressons nous maintenant aux pratiques des différents éditeurs.
Une bonne majorité choisit de composer son dos carré du bas vers le haut (lecture: éditeur, titre, auteur).
Pèle mêle, on retrouve Dargaud, Le Lombard, Casterman*, Glénat, Delcourt, Soleil, Vent d'Ouest, Albin Michel, La Boîte à Bulles, Fluide Glacial, Gallimard mais également, Atrabile, les Requins Marteaux, Mécanique Générale, 6 pieds sous Terre, Flblb, La Cafetière, La Pastèque, Le Seuil, Flammarion, Plg et Groinge.
D'autres usent systématiquement d'un sens de lecture du dos carré de haut en bas (donc auteur, titre, éditeur). Il s'agit de Dupuis, L'Association, Cornélius, L'employé du Moi, Ego Comme X, Vertige Graphic, Futuropolis (Robial et Gallimard) et les éditions Blake et Mortimer.
Je pense que nous pouvons déjà tirer une première conclusion: au regard des éditeurs cités, écrire du haut vers le bas, ça fait plus classe, (ou plus snob, selon le point de vue).
Citons néanmoins le cas hybride des Humanos dont le sens de lecture variait suivant les collections (Pieds Jaloux, Eldorado, Jackpot, Collection Noire de bas en haut et Humour H, Métal Hurlant, de haut en bas.).
*Une exception chez Casterman: Astérios Polyp, de David Mazzucchelli. (Cela mériterait peut-être de vérifier les dos carrés de la collection dirigée par Benoît Mouchart)
Bien sûr, je me base sur l'observation de ma seule bibliothèque.
Soit du bas vers le haut, soit du haut vers le bas. Si vous lisez du bas vers le haut, la première chose que vous verrez en général est le nom de l'éditeur, puis le titre du livre et enfin le nom de l'auteur.
L'ordre s'inverse si vous lisez du haut vers le bas, forcément.
Intéressons nous maintenant aux pratiques des différents éditeurs.
Une bonne majorité choisit de composer son dos carré du bas vers le haut (lecture: éditeur, titre, auteur).
Pèle mêle, on retrouve Dargaud, Le Lombard, Casterman*, Glénat, Delcourt, Soleil, Vent d'Ouest, Albin Michel, La Boîte à Bulles, Fluide Glacial, Gallimard mais également, Atrabile, les Requins Marteaux, Mécanique Générale, 6 pieds sous Terre, Flblb, La Cafetière, La Pastèque, Le Seuil, Flammarion, Plg et Groinge.
D'autres usent systématiquement d'un sens de lecture du dos carré de haut en bas (donc auteur, titre, éditeur). Il s'agit de Dupuis, L'Association, Cornélius, L'employé du Moi, Ego Comme X, Vertige Graphic, Futuropolis (Robial et Gallimard) et les éditions Blake et Mortimer.
Je pense que nous pouvons déjà tirer une première conclusion: au regard des éditeurs cités, écrire du haut vers le bas, ça fait plus classe, (ou plus snob, selon le point de vue).
Citons néanmoins le cas hybride des Humanos dont le sens de lecture variait suivant les collections (Pieds Jaloux, Eldorado, Jackpot, Collection Noire de bas en haut et Humour H, Métal Hurlant, de haut en bas.).
*Une exception chez Casterman: Astérios Polyp, de David Mazzucchelli. (Cela mériterait peut-être de vérifier les dos carrés de la collection dirigée par Benoît Mouchart)
Bien sûr, je me base sur l'observation de ma seule bibliothèque.
mardi 19 mai 2015
Kaboom 2
Bon, ben voilà, j'ai racheté Kaboom. Enfin un magazine où les auteurs sont considérés comme des auteurs et non plus comme des débiles qui dessinent des bonhommes. Lire l'interview de Matthias Lehmann sur son dernier (très bon) livre La Favorite avec des vraies questions sur son oeuvre, son dessin, sa narration. Voilà qui nous change des habituels refrains "Et sinon, vous êtes tombés dans la BD étant petit ?" ou l'art de toujours ramener la bande dessinée au domaine de l'enfance.
samedi 7 février 2015
KaBoom
D'habitude, je ne lis pas la presse BD. Déjà je trouve ça trop cher pour ce que c'est, principalement un espace promotionnel qui ne donne aucune part à une critique constructive. Je me souviens avoir acheté le DBD n°65 (parce qu'ils avaient chroniqué Les Identités Remarquables) et m'être fadé un article bidon de 6 pages sur la bio de Teddy Riner, comme si ce bouquin méritait qu'on écrive seulement une seule ligne dessus.
Je n'avais même pas daigné feuilleter Kaboom lorsqu'il était apparu dans les kiosques, et ce malgré une couv consacrée à Daniel Clowes.
Le nom du magazine, sûrement, ne m'avais pas engagé dans ce sens. Kaboom, encore une de ces onomatopées éculées, et à mon avis trop représentative de la bande dessinée de divertissement.
Mal m'en a pris parce que ce magazine est quand même plutôt bien troussé.
J'ai acheté le dernier numéro quand j'ai su que JC Menu y avait écrit une tribune libre, "dix ans de platitude" en prolongement de son Plates-bandes, paru en 2005 chez l'Association et de ses articles dans l’Éprouvette. Un bien triste mais réaliste constat sur ce qu'est devenu le marché de la bande dessinée ces dernières années.
Il signe également un papier sur Tillieux, un des plus grands artistes de la Franco-Belge qui, à mon sens, ne bénéficie toujours par du statut qu'il lui est dû.
Je passerai vite fait sur l'interview inintéressante de l'inintéressante Anouk Ricard et sur l'article sur Seth qui m'a donné envie de me replonger dans Seth pour évoquer la grande claque que je me suis prise.
Un court récit de 6 pages daté de 1989 sobrement titré Ici, signé Richard McGuire et initialement paru dans la revue Raw (de Spiegelman).
C'est une des meilleures choses que j'ai lu depuis longtemps !
dimanche 28 février 2010
César, morituri te salutant !
Il y a quelque temps, le brave Dany Boon se plaignait à qui voulait l'entendre que les comédies (comprendre par là : sa comédie, en l'occurence "Bienvenue chez les ch'tis") n'étaient jamais représenté
es aux Césars. Hé bien, Riad Sattouf lui a prouvé le contraire en recevant samedi la récompense du meilleur premier film pour "Les beaux gosses".
Comme quoi, lorsqu'une comédie est drôle, intelligente, bien filmée, bien montée, bien rythmée, avec des vrais dialogues et des bons acteurs, ben, ça peut l'faire.
Une bonne leçon de cinéma à tous les humoristes de pacotille qui polluent les écrans français de leurs vannes à 3 balles et de leurs incroyables incompétences rythmiques généralisées.
es aux Césars. Hé bien, Riad Sattouf lui a prouvé le contraire en recevant samedi la récompense du meilleur premier film pour "Les beaux gosses".Comme quoi, lorsqu'une comédie est drôle, intelligente, bien filmée, bien montée, bien rythmée, avec des vrais dialogues et des bons acteurs, ben, ça peut l'faire.
Une bonne leçon de cinéma à tous les humoristes de pacotille qui polluent les écrans français de leurs vannes à 3 balles et de leurs incroyables incompétences rythmiques généralisées.
mercredi 13 mai 2009
Le Groom Vert-de-Gris
Ma première réaction en découvrant "le groom vert-de-gris" de Schwartz et Yann sur l'étal de mon libraire fut d'abord de l'ordre de l'agacement, s'ajouta ensuite la déception. Ainsi, le magnifique "Journal d'un Ingénu" ne serait plus cette parenthèse enchantée dans l'imposante collection de Spirou. Je m'apprêtais alors à voir déferler une pléthore de séquelles d'une boîte de Pandore innocemment ouverte par Émile Bravo. Le groom de Marcinelle, allait il s'engager dans les FFI, rejoindre De Gaulle à Londres, devenir pilote de la RAF, dérouiller du jap en Nouvelle-Guinée ? Tant de possibles pour tant de "one-shot" à venir !Je me trompais.
Yann a pris soin de cloisonner son récit, évitant toutes futures tentatives pénibles, en situant celui-ci entre 1942 et la Libération. Il intègre le précédent opus dans une chronologie linéaire et livre le chaînon manquant entre le Journal d'un Ingénu et Radar le Robot.
Cet album, sympathique au demeurant, se double d'une lecture ludique, véritable jeu de piste pour exégète. Si l'on y retrouve des personnages secondaires disparus depuis longtemps (Poildur, par exemple), tous les individus qui de près ou de loin, au fil des années, ont animé ou collaboré à la série sont citées ici en référence. De Franquin, qui a droit à sa statue, au très dispensable Broca, en passant par une bien sarcastique impasse Munuera, le dernier dessinateur attitré. Mais les références ne s'arrêtent pas à la série et débordent sur toute la Franco-Belge classique, et pas que, d'ailleurs, comme en témoigne un discret clin d'oeil au Pipit Farlouze de Riad Sattouf dans un coin de case.
La scène du marché aux puces, déjà immortalisé par Hergé dans "le secret de la Licorne", (hé tiens, en parlant de la Licorne...) est un must du genre. On y croise pêle-mêle les personnages de Willy Vandersteen, Quick et Flupke, Bob Fish et le (très) jeune Albert, Hergé, Jacobs et Van Melkebeke devisant dans un coin, entre autre.
Plus loin, c'est un dénommé Müller en tortionnaire nazi qui rappelle étrangement le docteur homonyme de l'Ile Noire, puis un inventeur sourd comme un pot, et un petit fox terrier blanc. Comme pour mêler davantage fiction dans la fiction et réalité, le chef de l'Armée Secrète, la résistance Belge, s'appelle Jean Doisy (comme le futur rédac'chef de Spirou dans l'immédiat après-guerre) et devise avec son lieutenant, un certain Raymond Leblanc (fondateur quant à lui de l'hebdo Tintin) de la réhabilitation de Hergé en commentant une de ses planches parues dans le Soir volé. Fantasio, pour sa part, recueillera chez lui trois pilotes américains (comme par hasard un certain Buck Danny, mais aussi Bill Balentines, le célèbre acolyte de Bob Morane) et je ne parle même pas du raid aérien dirigé par le capitaine Blake. Tout cela sur une soixantaine de pages.
Toutes ces citations, et j'en oublie volontairement, se fondent malgré tout avec discrétion dans le récit et évitent le piège de venir parasiter la première lecture, exceptée celle du lecteur averti.
Le sexe n'est désormais plus tabou chez Spirou. Nous avons pu le constater au fil des précédents volumes de la série alternative. Déjà, dans "Luna Fatale", Tome et Janry avaient osé l'impensable : Un baiser sur la bouche ! Un peu chaste, certes, mais un baiser quand même. Leurs successeurs n'en sont pas restés là et Yann et Tarrin suggérèrent même une véritable scène d'amour (bien moins chaste) entre Spirou et Sécotine dans "le Tombeau des Champignac". On ne s'étonne plus dorénavant de voir notre groom multiplier les contacts avec la gente féminine. D'un tendre baiser échangé avec Audrey, la jeune juive réfugiée dans les combles d'un immeuble, à l'étreinte bien plus fougueuse (mais, la morale est sauve, motivée par un dessein bien particulier) avec Ursula, une fonctionnaire de la Wermacht, Spirou manie les paradoxes et s'empêche bien malgré lui d'envisager un quelconque avenir possible avec l'une ou l'autre de ses conquêtes, à l'instar de l'espionne soviétique de Emile Bravo, son premier amour perdu dans la tourmente de l'Histoire. On retrouvera néanmoins Ursula, la "souris grise" à la fin de l'aventure, mais dans le lit d'un Fantasio bien entreprenant.
La grande première, c'est l'apparition en filigrane de l'homosexualité par l'entremise du personnage de Violette et de son ami (amant ?) d'origine africaine. Hormis cette ambiguïté sexuelle, et pour en revenir à la théorie de références précédemment citées, ces deux personnages évoquent fortement , dans un autre registre, les gestapistes du film de Louis Malle, "Lacombe Lucien".
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